samedi 12 mai 2007

Les activités physiques sources de bien-etre?

Les récents évènements qui ont agité le monde du sport, en particulier lors du tour de France 1998 et 2006 , les révélations sur le football italien suivies de l’ouverture d’une enquête judiciaire ainsi que les projets mégalo-maniaques des futures super ligues de football, ont terni l’image du sport, en tout cas celui de haut niveau. Ils ont mis en évidence que cette activité est gangrenée par au moins deux phénomènes :

Le dopage
L’argent

Ce n’est pas nouveau certes, mais ce qui est récent c’est l’étalage médiatique des problèmes. Ce sont aussi les révélations venues de l’intérieur (joueurs, entraîneurs, soigneurs) qui ne veulent plus se taire et qui expriment tous les bruits de coulisse comme s’ils appelaient au secours. Ce qui est nouveau aussi c’est un questionnement public général. On se demande :

Cette performance est-elle vraie ou s’agit-il d’un exploit douteux ?
Les athlètes courent-ils pour la victoire ou pour le profit ?
Les dirigeants sont-ils dignes de confiance ou faut-il s’en méfier ?

Le regard de la communauté envers le sport est en train de changer. Pourtant de l’antiquité à nos jours, le sport et l’activité physique ont servi à bien des causes, bonnes ou moins bonnes. Déjà, au milieu du 19e siècle, Gottfried Keller écrivait à propos de l’activité physique dans les écoles : " elle favorise la santé et la vigueur du corps mais également son embellissement et l’harmonie de ses mouvements". Les pays sont actuellement hautement industrialisés. La machine remplace l’homme dans presque toutes les tâches. Rares sont les personnes qui se déplacent encore à pied. Les services de bus vont chercher les enfants devant les leur domicile pour les amener à l’école et rares sont les ménages sans téléviseur, jeux vidéo ou autres ordinateurs. A l’école, l’enfant est contraint de rester assis de longues heures. De retour , le soir, à la maison, il s’assied devant son appareil de télévision ou sa play station, bouge de moins en moins. Il est reconnu que la sédentarité est à l’origine de bien des maux. Or, l’homme est ainsi fait qu’il a besoin de bouger ; il le sait de manière intuitive que l’activité physique lui procure « quelque chose de positif » sur le plan du bien être physique et psychologique et c’est vers le sport qu’il devrait se tourner naturellement ,

Pour le plaisir
Pour la recherche de la performance
Pour se mesurer avec le danger
Pour vaincre
Pour voyager
Pour la santé

Pour la santé ? Pas toujours. Les statistiques sont éloquentes au sujet des blessures et des accidents de sport. Cependant, les derniers chiffres de l’Office fédéral des statistiques le prouvent, l’activité physique est nécessaire au maintien de la santé. Elle diminue de manière significative l’obésité, le diabète, les maladies du cœur ,l’incidence de certains cancers et la dépression.

D’un autre côté, comme l’ont démontré 24 études de santé publique publiées en Suisse et à l’étranger entre 1988 et 2002, l’activité physique est aussi un moyen de prévention contre l’addiction aux drogues psycho-actives. En effet la conclusion des ces études indique clairement une relation inverse entre la pratique de l’exercice physique et la consommation de nicotine. En effet, sa prévalence est 2 à 3 fois supérieure chez les personnes inactives par comparaison aux personnes actives, cela surtout chez les adeptes des sports d’endurance. Il en est de même pour la consommation du canabis.

Spécifiquement chez les enfants et les adolescents, l’activité physique devrait jouer un rôle important dans la prévention de la consommation de substances psycho-actives par son action socialisante et par le renforcement des ressources, ceci, surtout durant la phase difficile qu’est la puberté. De manière à améliorer l’effet de prévention du sport, les entraîneurs, les maîtres de sport ont un rôle prépondérant à jouer par l’enseignement et l’exemple, réveillant dans l’esprit de ces jeunes une conscience de bonne santé.

Gérald Gremion, Swiss Olympic Medical Center,

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